L’injection sur les deux roues est devenu un sujet chaud en Chine. Pour ce marché de 17 millions d’unités annuel, l’aspect consommation est le critère numéro un chez le client. Il y a quelques années, quelques entreprises ont tenté l’aventure de l’injection électronique, avec le fiasco que l’on sait. Pour ceux qui ne le savent pas, Chunlan (qui n’existe plus aujourd’hui en tant que constructeur de motos), y a laissé quelques plumes. QianJiang, un autre constructeur qui a racheté Benelli, s’était aussi lancé dans l’aventure avec Sagem UK, même constat d’échec.
Ici les facteurs qui rendent délicat la conversion à l’injection des deux-roues: D’abord la cylindrée unitaire, qui est bien plus petite que sur les voitures, il faut trouver un injecteur capable de tenir le ralenti, ce qui impose des quantités injectées très faibles, surtout au ralenti. Les Japonais disent qu’en dessous de 250cc unitaire, point de salut. Mais en 2006 lors du Salon de Milan, en novembre, les constructeurs chinois ont vu un nombre inhabituel pour ne pas dire la quasi totalité des constructeurs étrangers exposer des modèles à injection.
Aussi le carnet de commandes pour les constructeurs chinois a été particulièrement maigre car les clients demandaient des motos à injection électronique. De retour au pays, ils n’ont pas tardé à s’activer autour de cette réflexion : remettons nous au travail! Oui mais pendant que ces messieurs commençaient à réfléchir sur la stratégie, on apprend que QianJiang a déjà vendu des dizaines de milliers d’exemplaires, de plus il semblerait que les clients en soient très satisfaits. Les commandes pour l’année 2007 se chiffrent en plusieurs centaines de milliers déjà . Voilà de quoi les mettre sous pression encore un peu plus.
Actuellement on peut voir des motos équipées d’injection électronique (QianJiang avec injection FAI). Les constructeurs sont quelque peu inquiet car l’injection va devoir s’imposer. Le centre technique en combustion interne de Tianjin (TICERI), déclare que l’injection électronique dans le contexte de la Chine a plein d’avantages : consommation moindre, meilleur maîtrise de la combustion donc meilleur rendement et meilleure protection de l’environnement, bruit de moteur moindre également, tous ces avantage que le marché chinois recherche. Les premières recommandations gouvernementales concernant la réduction des émissions polluantes datent de 2003, les niveaux d’émission sortie en 2004 préconisent de se mettre au niveau de Euro II, Selon un recensement non exhaustif, il y a actuellement en chine 128 villes moyennes et grandes qui interdisent l’usage de deux-roues. Cette restriction va causer une baisse des ventes de 4 à 5 millions de deux roues, soit 2 milliards d’euros, largement de quoi mettre en difficulté nombres de fabricants. Or c’est justement dans ces villes que le pouvoir d’achat est le plus élevé, adopter l’injection permettrait aux deux-roues de revenir dans ces villes. Souvenez vous lorsque les voitures sont passées du carburateur à l’injection, ce grand pas en avant a permis de contrôler aisément les émissions, chose qui était extrêmement fastidieux à faire avec le carburateur. Si nous montons l’injection sur les deux-roues, nous pouvons contrôler les émissions de 100 millions de deux-roues.
De plus, si les Chinois veulent exporter à l’étranger et faire jeu égal avec les majors du moment, ils ne peuvent pas faire autrement. Enfin, l’argument baisse de la consommation sera imparable auprès des clients. Aujourd’hui, vous ne voyez presque plus de voiture équipée de carburateur, dans dix ans il faudra aller au musée de l’automobile pour en voir. Vous voyez, l’injection électronique est incontournable.
Chez le constructeur Qianjiang, dans le Zhejiang, son PDG LinhuaZhong, explique qu’ils vont pouvoir faire jeu égal avec les constructeurs étrangers à l’export grâce à leur injection (par FAI). L’injection va vous faire économiser beaucoup d’argent! même si à l’achat il faudra dépenser plus. Dans une enquête dans la province du Shandong, un usager qui a acheté un QianJiang (QJ) à injection en décembre 2005, dit qu’il n’a pas eu de problème majeur avec. Elle est confortable, le chassis est bon, ainsi que le bruit, et le must c’est qu’elle consomme relativement peu. Un autre client se montre tout aussi satisfait de sa QJ, il l’utilise pour ses déplacements, et loue sa consommation réduite. Les modèles à injection font aussi le bonheur des concessionnaires qui voient leur chiffre d’affaire gonflé par ces nouvelles motorisations. Les clients ne sont pas seulement sensibles au design, ils attendent aussi des innovations de fond.
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